Retraite CNSS : âge légal et calcul de la pension

Âge de départ, minimum de 3 240 jours de cotisation, formule de calcul de la pension CNSS, plafond de 70 %, retraite anticipée à 55 ans et fiscalité de la pension.

Lecture : 9 min · Catégorie : Protection sociale · Mis à jour : 2026-08-07 · Relu le 2026-08-07

La pension de vieillesse CNSS s’ouvre à 60 ans, à condition d’avoir cessé toute activité salariée et d’avoir cotisé au moins 3 240 jours. Son montant est de 50 % du salaire mensuel moyen soumis à cotisation pour ces 3 240 jours, augmenté de 1 % par période de 216 jours cotisée au-delà, sans dépasser 70 %. Le minimum mensuel est de 1 000 dirhams.

Ce guide est informatif et ne remplace pas une liquidation de la CNSS : pour une estimation opposable, adressez-vous à votre agence CNSS.

Les trois conditions d’ouverture

D’après la fiche « Pension de vieillesse » de la CNSS :

  1. Avoir atteint 60 ans, ou 55 ans pour les mineurs qui justifient avoir travaillé au fond pendant cinq années au moins.
  2. Avoir cessé toute activité salariée. Ce n’est pas un détail : la CNSS demande soit un cadre employeur rempli si la cessation date de moins de six mois, soit une déclaration sur l’honneur d’inactivité au-delà.
  3. Avoir cotisé au minimum 3 240 jours.

Les 3 240 jours sont le seuil qui décide de tout. En dessous, il n’y a pas de pension.

La formule

Deux éléments : un taux et un salaire de référence.

Le taux. 50 % pour les 3 240 premiers jours, puis 1 point de plus par période complète de 216 jours cotisée au-delà, dans la limite de 70 %.

Le salaire de référence. La CNSS le définit comme « la quatre-vingt-seizième partie du total des salaires soumis à cotisation et perçus par l’assuré pendant les quatre-vingt-seize mois déclarés qui précèdent le dernier mois civil d’assurance avant l’âge d’admission à pension ». En clair : la moyenne des huit dernières années déclarées.

Le point que presque tout le monde manque. Ce sont les salaires soumis à cotisation qui comptent, et la branche long terme est plafonnée à 6 000 dirhams par mois (voir le guide sur les taux de cotisation CNSS). Le salaire de référence ne peut donc pas dépasser 6 000 dirhams, quel que soit votre salaire réel. Un cadre à 25 000 dirhams et un technicien à 6 000 dirhams, à durée de cotisation égale, touchent la même pension CNSS. C’est la raison d’être des régimes complémentaires comme la CIMR.

Pension maximale du régime de base, aujourd’hui : 70 % de 6 000, soit 4 200 dirhams par mois.

Comment le taux progresse

Taux de la pension CNSS en fonction du nombre de jours cotisés Le taux part de 50 % à 3 240 jours et monte d'un point par période complète de 216 jours, atteignant le plafond de 70 % à 7 560 jours, puis reste constant. 50 % 60 % 70 % 3 240 5 000 7 560 9 000 Jours cotisés déclarés à la CNSS plafond 70 %
L'escalier est réel : le point supplémentaire n'est acquis qu'à la fin de chaque période complète de 216 jours. Le plafond de 70 % est atteint à 7 560 jours cotisés, soit environ 24 années à 312 jours déclarés par an. Cotiser au-delà n'augmente plus la pension de base.
Jours cotisésPériodes de 216 jours au-delà de 3 240TauxPension au plafond de 6 000 MAD
3 240050 %3 000 MAD
4 680656 %3 360 MAD
6 2401363 %3 780 MAD
7 5602070 %4 200 MAD
9 36028, dont 20 utiles70 %4 200 MAD

Les jours cotisés sont ceux déclarés par l’employeur ; la paie marocaine déclare couramment 26 jours par mois, soit 312 par an, ce qui place le plafond de 70 % autour de vingt-quatre années de carrière déclarée. Vérifiez votre propre compteur sur macnss.ma plutôt que de raisonner en années.

Exemple chiffré

Salariée partant à 60 ans avec 20 années déclarées à 312 jours, soit 6 240 jours, et un salaire de 12 000 dirhams sur les huit dernières années.

  • Jours au-delà du seuil : 6 240 − 3 240 = 3 000.
  • Périodes complètes de 216 jours : 3 000 ÷ 216 = 13,88, donc 13 périodes.
  • Taux : 50 % + 13 = 63 %.
  • Salaire de référence : les salaires soumis à cotisation sont plafonnés à 6 000 dirhams, donc le salaire de référence est 6 000 dirhams, pas 12 000.
  • Pension mensuelle : 6 000 × 63 % = 3 780 dirhams.

Sur un salaire de 12 000 dirhams, la pension de base représente 31,5 % du dernier revenu. C’est l’écart que le régime de base ne comble pas.

Le minimum

Le montant mensuel minimum de la pension de vieillesse est fixé à 1 000 dirhams. Il concerne les carrières juste au-dessus du seuil de 3 240 jours avec des salaires déclarés très bas.

Moins de 3 240 jours : le remboursement des cotisations salariales

Un assuré qui atteint l’âge légal sans avoir cumulé 3 240 jours n’a droit à aucune pension. Il peut demander le remboursement des cotisations salariales de la branche long terme, actualisées selon le taux de rendement net des réserves de cette branche. La prestation s’ouvre aux assurés ayant atteint l’âge légal à partir de janvier 2000.

En cas de décès de l’assuré dans cette situation, la somme revient aux ayants droit selon les parts prévues pour une pension de survivants : 50 % pour le conjoint ou les épouses, 25 % pour un enfant orphelin de père ou de mère, 50 % pour un enfant orphelin de père et de mère.

Ce remboursement ne porte que sur la part salariale. La part patronale reste acquise au régime.

La retraite anticipée à 55 ans

Elle existe, et elle a un prix. La CNSS l’ouvre à partir de 55 ans moyennant le paiement d’une prime unique par l’employeur, déterminée en fonction de l’âge de l’assuré et de l’annuité de la pension.

Les cinq conditions :

  1. Être âgé de 55 ans et plus, et de moins de 60 ans.
  2. Avoir au moins 3 240 jours de cotisations.
  3. Avoir 54 jours de cotisations, continues ou discontinues, pendant les six mois précédant la demande d’estimation de la prime.
  4. Avoir l’accord de l’employeur. Cette condition n’est pas exigée pour les marins pêcheurs à la part.
  5. Le paiement effectif de la prime.

L’accord de l’employeur est le vrai verrou : sans lui, et sans la prime, il n’y a pas de départ anticipé. L’employeur demande le calcul de la prime en agence avec le formulaire réf. 315-1-06, puis le salarié dépose le formulaire réf. 315-1-07 avec une copie de sa CNI ou de son titre de séjour, une attestation de compte bancaire et une copie du bordereau de paiement des cotisations cacheté par la banque.

La pension est exonérée d’impôt

L’article 57-27° du Code général des impôts, édition 2026, exonère de l’impôt sur le revenu les pensions de retraite et rentes viagères versées aux retraités dans le cadre des régimes de retraite de base visés à l’article 59-II-A, ce qui inclut le régime de sécurité sociale institué par le dahir portant loi n° 1-72-184. Les retraités du privé bénéficiant de contrats d’assurance retraite complémentaire de groupe servis par la CIMR sont également visés, dans les conditions de l’article 28-III. Les pensions servies au titre d’autres régimes de retraite complémentaire restent exclues de l’exonération.

Les notes de bas de page du Code rattachent cette exonération aux lois de finances n° 60-24 pour 2025 et n° 50-25 pour 2026. Pour les pensions qui restent imposables, l’article 60 maintient un abattement forfaitaire de 70 % sur la fraction brute annuelle jusqu’à 168 000 dirhams et de 40 % au-delà.

Déposer la demande à temps

L’assuré dispose d’un délai de six mois à compter de son soixantième anniversaire pour déposer sa demande. Passé ce délai, le service de la pension commence le mois suivant la date de dépôt, sans rattrapage des mois précédents. Un dépôt tardif de huit mois coûte donc huit mensualités, définitivement.

Pièces à fournir : formulaire réf. 315-1-04, copie de la carte nationale d’identité ou du titre de séjour, cadre employeur rempli si la cessation d’activité date de moins de six mois ou déclaration sur l’honneur d’inactivité au-delà, attestation bancaire de compte ou spécimen de chèque. Les travailleurs en mine ajoutent une attestation de travail au fond de cinq ans minimum ; les non-résidents, un certificat de résidence et une pièce d’identité bancaire précisant l’IBAN et le code BIC.

Une opération de contrôle de vie est menée chaque année par la CNSS pour assurer la continuité du service de la pension. Ne l’ignorez pas : c’est ce qui suspend le versement.

La réforme annoncée en 2026

Le gouvernement a présenté en 2026 une réforme des régimes de retraite qui relèverait progressivement l’âge légal de 60 à 63 ans, harmoniserait les régimes CNSS, CMR et RCAR, et modifierait la base de calcul. D’après ce qui en est rapporté, elle entrerait en vigueur au 1er janvier 2027, après un vote parlementaire attendu à l’automne 2026.

Rien de tout cela n’est en vigueur au 7 août 2026. Nous n’avons pas pu lire le texte de la réforme au Bulletin officiel ni sur un portail gouvernemental accessible ce jour-là ; son contenu est rapporté par la presse, pas vérifié à la source. Les règles applicables aujourd’hui sont celles décrites plus haut. Cette page sera mise à jour quand un texte publié permettra de citer des chiffres définitifs.

Sources et vérification

  • CNSS, fiche « Pension de vieillesse » : conditions d’âge, cessation d’activité, seuil de 3 240 jours, formule 50 % plus 1 % par 216 jours, plafond de 70 %, minimum de 1 000 dirhams, définition du salaire de référence sur 96 mois, délai de six mois, contrôle de vie, pièces à fournir.
  • CNSS, fiche « Retraite anticipée » : les cinq conditions, la prime unique employeur, les formulaires 315-1-06 et 315-1-07.
  • CNSS, fiche « Remboursement des cotisations salariales » : bénéficiaires, mode de calcul, parts des ayants droit.

Ces trois fiches sont des pages officielles de cnss.ma. Le site était injoignable depuis notre poste le 7 août 2026 ; elles ont été lues dans leurs versions archivées, respectivement d’octobre 2024, décembre 2024 et février 2025. Aucun changement de ces règles n’a été trouvé depuis, mais confirmez en agence avant toute décision de départ.

  • Code général des impôts, édition 2026, articles 57-27°, 59-II-A et 60, pour la fiscalité des pensions : CGI 2026, PDF, ouvert et lu le 7 août 2026.

Pour aller plus loin

Taux et procédures évoluent, vérifiez la dernière version sur la source officielle citée.

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