SMIG, Salaire minimum interprofessionnel garanti

Présentation du SMIG, le salaire minimum légal applicable à l'industrie, au commerce et aux professions libérales au Maroc, et de sa déclinaison agricole, le SMAG.

Fondation : 1936 (notion), actualisé par décrets · Tutelle : Ministère de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences · Mis à jour le 2026-10-08

Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est le salaire horaire en dessous duquel aucun employeur marocain ne peut payer un salarié de l’industrie, du commerce, des services, de l’artisanat non agricole ou des professions libérales. Depuis le 1er janvier 2026, il s’établit à 17,92 DH de l’heure, en vertu du décret n° 2.25.983. L’agriculture a son propre plancher, le Salaire minimum agricole garanti (SMAG), fixé à la journée et non à l’heure : 97,44 DH par jour depuis le 1er avril 2026.

Ce que disent les trois mots

  • Salaire minimum : le plancher de rémunération.
  • Interprofessionnel : un seul plancher pour l’ensemble des métiers et des secteurs, et non un minimum négocié profession par profession.
  • Garanti : garanti par la loi. L’article 360 du Code du travail déclare « nul de plein droit » tout accord individuel ou collectif tendant à abaisser le salaire au-dessous de ce minimum.

Le Code du travail (loi 65-99) n’emploie d’ailleurs jamais le sigle SMIG. Ses articles 356 à 361 parlent du salaire minimum légal, et les décrets reprennent la même formule. SMIG et SMAG sont les noms d’usage de ses deux déclinaisons.

Les montants en vigueur

PlancherMontantEn vigueur depuisTexte
SMIG, activités non agricoles17,92 DH de l’heure1er janvier 2026Décret n° 2.25.983 du 29 décembre 2025, article 1
SMAG, activités agricoles97,44 DH par jour1er avril 2026Même décret, article 2

Le décret a été publié au Bulletin officiel n° 7469 du 29 décembre 2025, après délibération du Conseil de gouvernement du 18 décembre 2025. Il abroge, aux mêmes dates, le décret précédent n° 2.24.1122.

D’où vient le chiffre mensuel de 3 422 DH

Le décret fixe une heure, pas un mois. L’article 184 du Code du travail fixe la durée normale de travail hors agriculture à 2 288 heures par an ou 44 heures par semaine. Divisé par douze, cela donne 190,67 heures, arrondies à 191 en paie. Un salarié à temps plein au SMIG perçoit donc 17,92 × 191 = 3 422,72 DH brut par mois. En agriculture, le même article retient 2 496 heures par an, d’où un SMAG exprimé par journée de travail. Le calcul détaillé du SMIG 2026 descend du brut au net.

L’évolution du SMIG et du SMAG depuis 2022

Quatre décrets, quatre paliers. Chaque texte fixe sa propre date d’effet, et les deux planchers ne bougent pas toujours le même jour.

Effet SMIGSMIG (DH/heure)SMAG (DH/jour)Effet SMAGDécretBulletin officiel
1er sept. 202215,5584,371er sept. 20222.22.606 du 7 sept. 2022n° 7125, 12 sept. 2022
1er sept. 202316,2988,581er sept. 20232.23.799 du 13 oct. 2023n° 7240, 19 oct. 2023
1er janv. 202517,1093,001er avril 20252.24.1122 du 3 janv. 2025n° 7367, 6 janv. 2025
1er janv. 202617,9297,441er avril 20262.25.983 du 29 déc. 2025n° 7469, 29 déc. 2025

Deux détails se cachent dans ces textes. Le décret de 2022 n’appliquait le nouveau taux horaire au secteur touristique qu’à partir du 1er janvier 2023. Et le décret de 2023, signé le 13 octobre, prenait effet au 1er septembre : le nouveau taux remontait donc aux salaires de septembre. Sur ces quatre paliers, le SMIG est passé de 15,55 à 17,92 DH (environ +15 %) et le SMAG de 84,37 à 97,44 DH (environ +15,5 %).

Ce qui compte dans le minimum

Le SMIG n’est pas un plancher du seul salaire de base, et c’est souvent là que naît la confusion. L’article 357 prévoit que, dans les activités non agricoles, « les pourboires et les accessoires, en espèces ou en nature, entrent en ligne de compte pour l’appréciation du salaire minimum légal ». Dans l’agriculture, en revanche, les avantages en nature ne sont pas pris en compte.

L’article 358 fixe l’unité de calcul : la rémunération d’une heure de travail hors agriculture, celle d’une journée en agriculture. L’article 359 vise la rémunération à la pièce, à la tâche ou au rendement : le salarié a droit au moins au minimum légal, sauf baisse du travail exécuté qui lui est directement imputable, constatée par un expert agréé.

Ce que risque l’employeur qui paie moins

L’article 361 punit le paiement inférieur au minimum légal d’une amende de 300 à 500 DH, appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés, dans la limite de 20 000 DH au total. Le même article ouvre une voie de restitution : en cas de litige, si les sommes dues n’ont pas été payées avant l’audience, le tribunal ordonne, à la demande du salarié, la restitution des sommes retenues sur le salaire minimum. L’inspection du travail est le premier interlocuteur ; la fiche Code du travail situe ces règles dans le texte.

Comment le montant est fixé

L’article 356 dispose que le salaire minimum légal « ne peut être inférieur aux montants fixés par voie réglementaire », après avis des organisations professionnelles des employeurs et des organisations syndicales les plus représentatives. Concrètement, chaque nouveau taux prend la forme d’un décret qui vise le décret n° 2.08.374 du 9 juillet 2008 pris pour l’application de l’article 356, passe en Conseil de gouvernement, puis paraît au Bulletin officiel. Les hausses se négocient dans le dialogue social tripartite (gouvernement, syndicats, patronat), et les derniers accords ont été versés par paliers.

Combien de salariés sont payés au plancher

Davantage qu’on ne l’imagine. L’Observatoire marocain de la TPME, qui travaille sur les déclarations CNSS, relève que 46,6 % des salariés déclarés à la CNSS en 2024 ont perçu un salaire n’excédant pas le SMIG, contre 54,8 % en 2023 et 44 % en 2022. L’Observatoire explique le pic de 2023 par les deux revalorisations rapprochées, qui ont ramené dans la tranche du SMIG des salariés situés juste au-dessus. L’article salaires par secteur montre où se trouvent ces emplois.

Distinction avec le salaire net

Le SMIG est exprimé en brut : les cotisations sociales salariales (CNSS, AMO) et, le cas échéant, l’impôt sur le revenu (IR) sont retenus à la source, ce qui explique l’écart entre le SMIG légal et le net perçu. Les bulletins de paie doivent détailler les différentes composantes. Pour vos propres chiffres, utilisez le calculateur brut/net.

Sources officielles

Références


English summary

The SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti, “guaranteed interprofessional minimum wage”) is Morocco’s statutory hourly minimum wage for industry, commerce, services, non-agricultural crafts and the liberal professions: MAD 17.92 an hour since 1 January 2026 under decree n° 2.25.983, or MAD 3,422.72 gross for a 191-hour month. A separate floor, the SMAG, covers agriculture at MAD 97.44 a day since 1 April 2026. Both are set by decree under article 356 of the Labour Code (Law 65-99) after tripartite social dialogue. Outside agriculture, tips and cash or in-kind extras count toward the minimum (article 357), any agreement below it is void (article 360), and underpayment carries a fine of MAD 300 to 500 per worker, capped at MAD 20,000 (article 361). The SMIG is a gross floor: employee social contributions (CNSS, AMO) and, where applicable, income tax (IR) are withheld at source.

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